Mot du Maire




Ary CHALUS


Maire de la ville de Baie-Mahault




BAIE-MAHAULT A'W

 

« Pour nous autres non-experts, non spécialistes d’art plastique, il ne faut pas l’oublier, l’œuvre d’un peintre est faite pour donner force et courage à nos imaginaires émaciés par la tristesse et le deuil de la réalité. Les peintres rallument le grand jour dans nos yeux éteints » (1).

 

Trop souvent, la peinture apparaît comme un Art hermétique. Des couleurs, des formes complexes, qui découragent celui qui renonce au voyage et se refuse à une balade prometteuse.

 

Aussi, la démocratisation de la culture est la source de notre politique et elle n’est pas prête de se tarir : concerts à l’église, graine d’artistes, journée de la harpe, festival Lokans’ Voix Sacrées. Et, demain, la bibliothèque multimédia….

 

Ville pionnière, Baie-Mahault propose une manifestation d’Art Moderne et Contemporain. Pendant dix jours, il est proposé au public de découvrir un espace d’exposition où est présenté de la peinture, de la sculpture, de la photographie d’art, de l’installation, de la performance et du design, mais aussi des rencontres avec les artistes, un débat, une conférence, des happenings.

 

Pourquoi l’Art doit-il demeurer le parent pauvre de nos politiques culturelles ?

 

Parce qu’elles doivent faire face chaque jour à une demande sans cesse croissante des administrés, les communes peuvent difficilement investir (financièrement) le champ culturel. Or, comme, je l’affirmais lors du meeting international d’athlétisme, le sport et la culture ne doivent plus être vécus comme étant exclusivement budgétivores, mais appréhendés comme des vecteurs de lien social et créateurs d’emplois nouveaux. Pour cela, il importe que nous fassions notre « révolution copernicienne » et que nous modifiions nos schémas de pensée, pour rompre définitivement avec les idées reçues.
 

Là où certains peuvent y voir uniquement des coûts, j’y vois de la richesse, des échanges et des rencontres. Parce qu’un « homme éclairé est un homme libre », il nous faut cultiver cette terre en friche, pour fertiliser nos esprits et nos espoirs. En ce sens, le choix du « parc de la centrale », ancienne friche industrielle de la SPEDEG, n’est ni anodin ni le fruit du hasard….

 

La manifestation d’Art moderne et contemporain s’inscrit dans le prolongement de nos actions régulières, comme les expositions et vernissages d’artistes (Nabajoth, Edau, Lima, Renel, Manicom….). A ce propos, le fonds d’art que la ville constitue par l’acquisition d’œuvres depuis quelques années, commence à prendre forme.

 

Dans les mois à venir, nous valoriserons nos entrées de ville à travers la réalisation de deux œuvres sculpturales de Richard Victor Sainsily, Gwo-ka Modern (GKM) à Destrellan et les Amarreuses à Jabrun.

 

Mais, sans nul doute, le projet qui donnera une nouvelle dimension à notre action culturelle est celui du Centre d’Art Contemporain. C’est d’offrir aux artistes guadeloupéens un véritable outil qui ferait date et serait un vecteur sensoriel à l’émergence de l’art.

 

Enfin, ART BEMAO, n’aurait pu voir le jour sans la ténacité d’un «enfant de la commune », Jean-Marc HUNT. En face d’un tel artiste, qui véhicule autant d’optimisme, de passions et d’engouement les choses deviennent claires. JMH nous fait comprendre que l’Art n’est pas un « agrément », mais une dimension essentielle de la destinée humaine.

 

Et, comme par magie, on s’aperçoit alors que l’Art n’est pas si hermétique.

 

 

Votre Maire Ary CHALUS

1. Maryse CONDE, préface du livre de Michel ROVELAS

 

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